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GOUVERNANCE ET FORME DE L’ETAT

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Depuis que le débat sur la forme de l’Etat s’est intensifié au Cameroun, une ligne de défense des desperados de l’Etat unitaire tente de démontrer que le problème du Cameroun est la Gouvernance et non la forme de l’Etat.
C’est une fausse explication, car la gouvernance est tributaire des institutions et la manière dont ces institutions sont structuré et fonctionnent. Les procédures administratives et les motivations des agents publics chargés de mettre en place les décisions influencent grandement la qualité des résultats.
Personne ne peut contester la différence fondamentale de comportement entre un maire élu par une population et qui espère encore être élu et un sous-préfet nommé par le Chef de l’Etat et qui ne rend compte qu’à sa hiérarchie. Le premier doit présenter des résultats de son action aux populations pour être reconduit à son poste. Le second se préoccupe davantage du regard de sa hiérarchie sur les actions qu’ils posent. Les deux ne peuvent donc pas présenter la même réponse à la demande sociale puisque les référents d’évaluation sont différents.
Un système qui met donc l’accent sur les sous-préfets privilégie manifestement la perception de la hiérarchie par rapport à celui qui privilégie les maires qui se préoccupe davantage du regard de la population.
De même un Délégué Régional de l’Education ne peut pas avoir la même attitude qu’un Ministre Régional de l’Education. Le Délégué est un fonctionnaire central qui vadrouille dans toute la République au gré des nominations pour étoffer sa carrière et il n’est jugé que par sa hiérarchie.
Il importe assez peu que la population bénéficiaire l’approuve ou non puisqu’elle n’a aucun rôle sur sa carrière ! Il fait ce qu’il veut et la population qu’il est sensé servir n’a pas le droit de le juger.
A contrario, un Ministre Régional a une carrière locale et ses performances sont jugées et sanctionnées par les populations bénéficiaires à travers les élections du Gouvernement local. S’il travaille mal, il tombe et grille son mandat, car il n’a pas d’espérance de pouvoir se recycler ailleurs comme nouveau Ministre de l’Education comme le fait si aisément le Délégué.
On ne saurait donc ignorer l’impact de la forme de l’Etat sur la gouvernance. Au-delà de la motivation des acteurs se trouve aussi la rapidité de la décision qui n’a pas à faire un long parcours. Ainsi si le toit d’une Ecole publique s’envole aujourd’hui, il faut d’abord que l’information aille auprès du Délégué départemental puis régional avant d’atteindre le Ministre qui va décider de budgétiser. Puis l’Assemblée va voter la loi des Finances avant qu’on ne lance des appels d’ore avec des commissions et autres procédures coûteuses en temps et en argent.
Comment veut-on qu’un tel modèle d’Etat puise développer la bonne gouvernance ? Ce n’est pas possible !
La mauvaise gouvernance est contenue dans le système unitaire lui-même et lui est consubstantielle! Vous ne pouvez pas améliorer la gouvernance dans un Etat unitaire !
Le Fédéralisme apporte 3 éléments essentiels qui lui donnent un potentiel de bonne gouvernance particulièrement élevé :
-LA SPECIALISATION : le Fédéralisme crée une institution spécifiquement dédiée au développement d’une Région. L’Etat de l’Adamaoua est l’instrument de développement de l’Adamaoua et ses responsables y sont confinés. Aucun ne peut fuir après avoir commis des gaffes de gestion ! Lorsqu’on voit le comportement des Délégués Régionaux on est terrifié par leur immense ignorance des réalités des Régions qu’ils sont sensés encadrer. Pour qu’ils commencent à maîtriser le milieu, il leur faut au moins 5 ans, un temps largement suffisant pour qu’on le mute ailleurs afin de reproduire le même processus d’ignorance.
Bien plus au sommet de l’Etat, le fédéralisme empêche la dispersion du Chef de l’Etat dans une multitude d’opérations ne présentant pas d’intérêt stratégique. En en se présentant comme le centre direct de toutes les sollicitations, il sera porté de privilégier celles qui lui apparaissent avoir des dividendes politiques immédiats au détriment des actions en profondeur. D’où la nécessité de mettre un écran entre la demande sociale des populations et le Président central.
LA RESPONSABILITE : quand une Région ne se développe pas, on sait bien qui est responsable et la population locale a les moyens de le punir en le renversant par un vote. Si les écoles sont en hutte si les routes sont dégradées, personne ne dit : « Yaoundé ne nous aime pas ! » Tout le monde voit bien que vous êtes en retard parce que vous ne valez rien ! Le Gouverneur et son Gouvernement Local savent très bien que leur maintien au pouvoir est tributaire de leur action et qu’ils ne peuvent compter sur le Chef de l’Etat pour les sauver ou des réseaux à Yaoundé pur els maintenir par la force.
L’EMULATION : le fédéralisme développe une compétition entre les Etats qui n’existe dans l’Etat unitaire que sous la forme des revendications communautariste. Dans l’Etat unitaire, si je vois un beau Lycée construit au Sud alors que je n’en ai pas dans ma Région de l’Adamaoua, mon réflexe sera d’accuser l’Etat de partialité. Un tel comportement n’existe pas dans un Etat fédéral où tout le monde sait que le Lycée a été construit par l’Etat local. Si vous n’en avez pas c’est bien la preuve que vos élites ont mangé l’argent, et vous n’avez à vous en prendre qu’à vous-mêmes.
Il n’y a donc aucune commune mesure entre la gouvernance d’un Etat Fédéral et celle d’un Etat unitaire. Les faits sont d’ailleurs là : les Etats fédéraux sont les plus puissants dans le monde et même en Afrique Noire, les Etats les plus puissants et qui ont amorcé leur émergence sont bel et bien le Nigeria l’Afrique du Sud et l’Ethiopie qui sont des fédérations.
Bien plus, les Etats unitaires qu’on cite très souvent ne sont que des fédérations de FACTO : l’Espagne, l’Italie les Pays-Bas la Grande Bretagne, la Chine, le Japon, tous ces pays sont composés d’Etats Régionaux qui ont la même autonomie que les Etats fédérés.
Le seul pays vraiment unitaire qui soit développé est la France mais son développement est tributaire de son empire colonial. Elle-même n’a pas de ressorts internes pour de se développer de manière endogène et si l’Afrique lui échappe elle va s’effondrer.
En définitive c’est une imposture intellectuelle que de dissocier la gouvernance de la forme de l’Etat : la forme de l’Etat est bel et bien la matrice de la bonne gouvernance, et c’est elle qui la configure.
Cela ne signifie pas pour autant qu’un Etat fédéral ne peut pas avoir des problèmes ! Mais l’Etat fédéral peut facilement surmonter ses problèmes alors que l’Etat unitaire ne peut pas ! Par exemple le Nigeria fédéral peut avoir le même niveau de corruption que le Cameroun, mais progressivement il va s’en sortir par la dynamique interne de son système. Le Cameroun lui ne pourra que s’enfoncer avec son modèle unitaire.
Dieudonné ESSOMBA

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