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Les discours de revendication de représentation ethnique

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Le principe de rotation ethnique du pouvoir
Dans une « réflexion sur les différences, les différends et les développements des communautés »,

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Nsame Mbongo (2004) se demande comment réussir une « recomposition intercommunautaire » à l’intérieur des États multiethniques africains.

Cette question part de l’observation que l’un des problèmes majeurs que doivent affronter les villes africaines contemporaines est la question de l’allogène.

Il se propose alors de prendre des distances théoriques avec le paradigme du choc des civilisations et de l’incommensurabilité des cultures, pour montrer que les relations autochtones-allogènes sont économiquement déterminées et peuvent prendre une coloration politique ou idéologique. De fait, soutient-il, l’étranger et l’autochtone constituent un duo conflictuel susceptible à tout moment d’adopter le schéma de l’affrontement ethnique.

Prenant la ville de Douala comme cadre d’analyse, il montre que celle-ci présente une situation où l’autochtone est désormais minoritaire, non plus par rapport à l’étranger européen comme dans la période coloniale, mais en rapport avec l’étranger national, le Bamiléké, et avec un étranger africain, le nigérian. Mais Mbongo (2004 : 70) note que les rapports entre les communautés Duala et nigériane sont marqués par une concordance maximale et une discordance minimale, tandis qu’entre le Duala et le Bamiléké, il existe une « quasi guerre froide » qui établit un rapport de type « concordance moyenne – discordance moyenne avec une tendance à l’évolution vers la prépondérance de la discordance sur la concordance et un risque d’aboutissement au rapport (…) discordance maximale – concordance minimale ». En somme, à Douala, l’étranger non national est mieux toléré que l’étranger national. Selon Mbongo, ce paradoxe résulte du système social camerounais dont le fonctionnement économique « produit et entretient des inégalités structurelles graves et une profonde anarchie dans la gestion du peuplement national, au point que les communautés autochtones soient facilement dépossédées de
De l’identité ethnique comme fondement de la justice sociale et politique leur patrimoine domanial et menacées de disparition ethnique »

La question qu’on peut d’ores et déjà se poser est celle de savoir si ces « inégalités structurelles graves » ne s’observent qu’entre les nationaux. Autrement dit, les étrangers non nationaux n’ont-ils pas autant droit à la possession domaniale que les autres ? Comment dans ce contexte, parvenir à une urbanité pacifiée et à une existence qui assure la justice et maintienne les grands équilibres intercommunautaires? Pour Mbongo, les grands équilibres socio-économique, sociopolitique, socioculturel et géo-démographique ne peuvent être assurés et préservés qu’à la condition que soient revisitées les notions de frontière et de propriété, en vue de les relativiser, de montrer que la frontière est plus « un lien qu’un frein », plus une ouverture qu’une fermeture, et ainsi dédramatiser l’altérité en positivant l’étrangeté. Seulement, la démarche que propose Mbongo pour parvenir à cette dédramatisation de l’altérité est en contradiction avec cet objectif puisque si elle était mise en œuvre, elle contribuerait plutôt au renforcement des frontières.En effet, prenons la propriété terrienne : Mbongo propose que soit mise sur pied dans nos villes une
copropriété modulée
qui consisterait à veiller à ce que « la puissance terrienne de l’allogène reste en deçà de celle de l’autochtone conformément au principe du privilège des ayants droit dans l’héritage des ancêtres », ce qui implique une «
co-autorité urbaine et régionale modulée »
. Celle-ci consiste, pour les États, à abandonner le « centralisme tentaculaire qui étouffe les pouvoirs locaux»

(Mbongo, 2004 :79) pour adopter la combinaison d’une autorité autochtone urbaine associée à une autorité allogène. Cette solution aurait pour avantage d’instaurer une sorte de coresponsabilité politique et administrative dans la gestion des territoires. En d’autres termes, il s’agirait, au lieu de « relativiser les frontières », d’en créer de nouvelles à l’intérieur desquelles on confinerait d’une part les autochtones, et d’autre part les allogènes. Au contraire, en adoptant un mode de gestion politique fondé sur le modèle étatique occidental, l’Afrique est en train de commettre « la plus grosse incongruité politique de son histoire »

(Mbongo, 2004 :80). Selon Mbongo, pour être justes et s’adapter à leur environnement, les États pluriethniques devraient adopter le système de rotation

régionale du pouvoir ou, plus exactement, un « pouvoir central multilatéral » qui assure à chaque ethnie une égale participation au pouvoir. Celui-ci serait exercé par une équipe de coprésidents issus de diverses ethnies, et ce, pendant un mandat bien déterminé. De fait, affirme-t-il, « en Afrique, un homme une voix est un principe dogmatique dangereux qui fausse le pluralisme et empêche le changement politique dans bien des cas, car il permet aux ethnies populeuses de s’éterniser au pouvoir à travers les membres issus de leurs rangs et interdit
démocratiquement
à celles qui sont démographiquement défavorisées d’y accéder, quelles que soient les compétences de leurs représentants, se voyant ainsi exclues de fait et à vie de la possibilité de diriger un pays qui peut pourtant être dirigé par tous, au nom du libéralisme démocratique à l’occidentale »

Dans ces conditions, seule la résolution de cette question du partage du pouvoir entre communautés ethniques peut permettre de parvenir à une existence urbaine pacifiée et civilisée en positivant l’altérité et l’étrangeté. À l’observation, ce raisonnement est biaisé dans la mesure où il présuppose deux affirmations qui sont démenties dans les faits : la première est que les gouvernements dans tous les pays africains sont issus d’élections libres et transparentes ; la deuxième est que ce sont les ethnies majoritaires qui sont au pouvoir, et ce, grâce aux votes majoritaires des ressortissants de leurs ethnies. Dans la réalité, on voit plutôt que les élections sont souvent bafouées par la manipulation des listes électorales, les noms des personnes soupçonnées d’appartenir aux partis d’opposition étant rayés des listes, quelles que soient leurs appartenances ethniques. Lorsque d’aventure quelques-unes de ces personnes parviennent à s’inscrire sur les listes électorales, tout est mis en œuvre pour qu’elles ne reçoivent pas leurs cartes d’électeurs.

C’est ainsi que depuis le retour au multipartisme dans certains pays africains, la crédibilité de la plupart des élections a été contestée en raison de la corruption qui sévit dans le processus de chaque consultation électorale : corruption des électeurs dont le vote est détourné par la force de l’argent ; corruption des élus qui parfois changent de veste au lendemain de l’élection ; corruption des scrutateurs qui, quelquefois envoyés dans les bureaux de vote sans moyen de s’assurer un sandwich, y succombent.

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