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Opinion

La mobilité des aveugles entravée.

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Feux tricolores sans sonorisation pour les non et mal voyants à Bafoussam
Le Cispam et la Fondation Moje invitent le maire de la ville à rectifier le tir en respectant l’article 20 de la convention internationale sur les droits des personnes handicapées.
Ce vendredi 16 Juillet 2021, Elvis Ndjindjou, non voyant et phytothérapeute, doit se rendre à son cabinet de consultation située au lieu-dit Makambou au boulevard de l’Evêché à Bafoussam. Juste au lieu-dit premier carrefour de l’Evêché, il doit emprunter une moto. Ne pouvant le faire tout seul, il est escorté par son épouse et son fils. Ce dernier à la charge d’être remorqué sur la moto afin que son papa ne soit pas transporté par le conducteur de moto taxi pour une autre destination. « Il a fini par acheter une moto personnelle et a recruté un chauffeur qui le transporte régulièrement, question de ne plus être victime de la maladresse des conducteurs de mototaxis. Et être vraiment mobile dans ses activités. Mais son autonomie n’est pas totale. Car il faut être prudent face aux automobilistes qui ne discernent pas à distance qu’il est aveugle », confie son épouse. Comme la majorité des non voyants de la ville de Bafoussam, Elvis est confronté à d’énormes difficultés lorsqu’il faut traverser tout seul un point giratoire où des véhicules automobiles proviennent de toutes les directions. De même, Marie Koagne, stagiaire au service de communication d’une formation sanitaire de la place, doit chaque jour, à la sortie du travail, solliciter l’appui des agents de la police au niveau du carrefour Madelon à Banengo Bafoussam, pour traverser la route ou emprunter un taxi pour se rendre chez elle au lieu-dit Sotuaucam-Yagou au quartier Bamendzi III à Bafoussam.
Les organisations montent aux créneaux
Cet obstacle à la mobilité est encore aggravé car la ville ne dispose d’aucune signalisation routière avec sonorisation. Courant ce mois de juillet 2021, 12 panneaux tricolores ont été installés, au bénéfice de la ville de Bafoussam, au carrefour feu rouge entre Djeleng Iv et Djeleng I dans le cadre de l’aménagement de la mobilité urbaine dans la métropole régionale de l’Ouest sur financement du programme de désendettement et développement (Cd2) piloté par l’ambassadeur de France au Cameroun. En attendant la poursuite des travaux dans les autres carrefours, ces premiers panneaux de signalisation pour automobilistes et piétons sont certes fonctionnels, mais aucune clochette et aucun haut parleur n’a été incorporé au dispositif pour permettre aux déficients visuels d’être renseignés pour dicter la conduite à suivre. «Les feux rouges sont en train d’être installés dans la ville de Bafoussam. Nous constatons que rien n’a été fait pour assurer une bonne mobilité des aveugles et mal voyants à ces points. Nous sommes fatigués d’exprimer des plaintes au fils des jours au niveau du service social. Nous allons accentuer nos contestations devant les instances juridictionnelles afin que nos droits soient respectés», affirme Samuel Fodop, promoteur du Cispam (Centre d’Intégration Scolaire et Professionnelle pour Aveugles et Malvoyants). Jean Momo, promoteur de la Fondation Moje à Bafoussam, une organisation de lutte contre la cécité et les problèmes de santé des yeux, estime que les autorités étatiques ont manqué au respect de l’article 12 du pacte international sur les droits sociaux et économiques qui prescrit le droit à la santé. Ce texte impose : « 1. Les Etats parties au présent Pacte reconnaissent le droit qu’a toute personne de jouir du meilleur état de santé physique et mentale qu’elle soit capable d’atteindre.2. Les mesures que les Etats parties au présent Pacte prendront en vue d’assurer le plein exercice de ce droit devront comprendre les mesures nécessaires pour assurer…La diminution de la mortinatalité et de la mortalité…La création de conditions propres à assurer à tous des services médicaux et une aide médicale en cas de maladie. »La convention relative aux droits des personnes handicapées en son article 20, parle de Mobilité personnelle. Cette disposition consacre le droit d’un individu à la mobilité : « Les États Parties prennent des mesures efficaces pour assurer la mobilité personnelle des personnes handicapées, dans la plus grande autonomie possible, y compris en :a)Facilitant la mobilité personnelle des personnes handicapées selon les modalités et au moment que celles-ci choisissent, et à un coût abordable ;b)Facilitant l’accès des personnes handicapées à des aides à la mobilité, appareils et accessoires, technologies d’assistance, formes d’aide humaine ou animalière et médiateurs de qualité, notamment en faisant en sorte que leur coût soit abordable ;c)Dispensant aux personnes handicapées et aux personnels spécialisés qui travaillent avec elles une formation aux techniques de mobilité ;d)Encourageant les organismes qui produisent des aides à la mobilité, des appareils et accessoires et des technologies d’assistance à prendre en compte tous les aspects de la mobilité des personnes handicapées. »
Pendant les études…aucune organisation ne s’est signalée
A la lumière de ces deux textes, Jean Momo invite les autorités municipales de la ville de Bafoussam à rectifier ce manquement. Samuel Fodp plaide pour que la signalisation sonore soit au moins incorporé au niveau des feux tricolores situés dans les carrefours les plus importants à l’instar du Rond point Biao et le carrefour Total. Il milite aussi pour que les pouvoirs publics s’engagent à ce que les significations de la canne blanche soient enseignés aux conducteurs des engins à deux et à quatre roues. Jérémie Simo, promoteur d’auto-école à Bafoussam est de cet avis. Tout comme Fidelis Njié, le délégué régional des affaires sociales de l’Ouest. «En collaboration avec le Cispam, je vais saisir le gouverneur de la région de l’Ouest afin qu’une journée soit organisée pour sensibiliser les automobilistes de cette partie sur les significations de la canne blanche. Cela doit même être intégré dans les programmes de formation des auto écoles », souligne ce fonctionnaire.
Approché par nos soins, Joel Kokam, coordonnateur de l’unité locale de suivi du programme de désendettement et développement (Cd2) Capitales régionales à Bafoussam, trouve qu’il est important de prendre en considération le droit à la mobilité des aveugles et mal voyants, mais il déplore le fait que lors des études pour l’implantation des feux de signalisation routière, aucune organisation ne s’est signalée pour attirer l’attention des pouvoirs publics sur la question… Et des points d’interrogation surgissent avec le Centre d’Intégration Scolaire et Professionnelle pour Aveugles et Malvoyants qui entend aller plus loin qu’une simple dénonciation d’exclusion.
Guy Modeste DZUDIE(JADE)
Bon à savoir
Les us et coutumes de la canne blanche
Selon Jean Momo, fondateur de la Fondation Moje à Bafoussam, la canne blanche permet aux personnes aveugles et malvoyantes de se déplacer dans la rue et autres lieux publics, prévenant ainsi automobiles et piétons de leur handicap. Il poursuit en relatant qu’
il existe différentes sortes de cannes blanches ainsi que des cannes jaunes. Leurs critères d’attribution sont extrêmement stricts. « Première aide venant à l’esprit quand on mentionne les déplacements d’une personne déficiente visuelle, la canne blanche est l’outil indispensable pour se déplacer de manière autonome et plus sûre. Dans l’esprit du public, elle est souvent associée à la cécité complète. Pourtant, elle est également une aide précieuse pour un grand nombre de personnes malvoyantes », précise-t-il.
Il existe plusieurs sortes de cannes blanches, possédant chacune une fonction spécifique :la canne d’identification, la canne d’appui et la longue canne de locomotion. « La canne d’identification est utilisée en déplacement pour montrer clairement que son propriétaire a une déficience visuelle. Les automobilistes, cyclistes et piétons prêteront davantage d’attention à la personne. La canne d’appui est utilisée quand la personne a besoin d’un appui dans ses déplacements. Au même titre que la canne d’identification, la canne blanche d’appui lui permet aussi d’être identifiée », explique-il.
Pour se déplacer, la personne déficiente visuelle a besoin d’un temps de réaction suffisant pour détecter les repères et les obstacles. La canne de locomotion est plus longue que les autres cannes blanches pour permettre à son utilisateur de sentir et d’entendre ces signaux à temps en “toquant” devant soi. Elle nécessite cependant l’apprentissage de techniques de locomotion, qui peuvent être enseignées. Lorsqu’elle est bien maniée, cette canne constitue une aide importante pour les déplacements.
GMD(JADE)

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