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Opinion

Conflit au Noso

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Les civils dans l’étau entre forces armées et séparatistes

Les affrontements entre divers groupes armés et forces armées camerounaises se poursuivent sans relâche depuis trois ans et les civils en paient le prix fort : homicides, enlèvements, destructions d’habitations et de villages, indique un communiqué de presse diffusé par Amnesty International, le 28 juillet dernier. L’intervention du gouvernement est limitée et la communauté internationale n’évoque quasiment pas le sujet.

« Toutes les parties au conflit dans les régions anglophones du Cameroun commettent des atteintes aux droits humains et des exactions, et la population civile est prise au piège. Dans un cas particulièrement horrible, deux vieilles femmes ont été abattues par des tirs de rafales de séparatistes armés ; autre cas, des membres de comités de vigilance fulanis (peuls) ont incendié des centaines d’habitations et tué quatre personnes ». Sans aucune réserve, Amnesty International, à la suite de Centre for Human Right and democraty in Africa (Chrda) dirigée par l’avocat au barreau du Cameroun, Me Félix Agbor Bala, pointe à la fois un doigt accusateur sur l’armée camerounaise et sur les groupes séparatistes armés qui se battent dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-ouest du Cameroun. « Des violences entre forces gouvernementales et groupes armés séparatistes anglophones – eux-mêmes divisés – ont éclaté en 2017, lorsque des manifestations contre la discrimination et la marginalisation ont été réprimées par les autorités. En s’appuyant sur des témoignages directs et l’analyse d’images satellite, Amnesty International démontre que des dizaines de civils ont été tués et de multiples villages détruits depuis 2019. »

« Les assaillants ont mis le feu à 30 maisons et à la mosquée » Selon des chiffres non officiels que des groupes Mbororos ont envoyé à Amnesty International, faute de données officielles émanant des autorités, depuis 2017 dans les sept départements de la région du Nord-Ouest, 162 Mbororos ont été tués, environ 300 habitations ont été incendiées, 2 500 têtes de bétail ont été tuées ou capturées, 102 personnes ont été enlevées, donnant lieu au versement de presque 270 000 euros soit environ 176 millions 850.000 Fcfa de rançon. Les observateurs nationaux comme internationaux indiquent que cette situation serait liée à l’implication des Mbororos contre les populations civiles réputées être proches des groupes séparatistes armés en février 2020 et ayant fait une vingtaine de mort et incendié plusieurs maisons. Un chef traditionnel Mbororo dans l’arrondissement de Nwa a déclaré à Amnesty International :«Les séparatistes armés sont venus m’attaquer à six reprises. Ils ont détruit mon campement, incendié les maisons de mon frère. Sept personnes ont été tuées dans mon campement. Ils les ont regroupées dans une maison, ont tout fermé et ont mis le feu.» D’après les témoignages, les documents et les images satellite examinés par Amnesty International, les séparatistes armés ont attaqué une communauté Mbororo dans la localité de Mbem le 16 février 2020. « Quatre membres d’une même famille, âgés de 15 à 80 ans, ont été tués, et trois autres blessés, dont deux femmes âgées qui ont essuyé des tirs de rafales et ont été touchées au front, dans les jambes et les cuisses. Les assaillants ont également mis le feu à 30 maisons et à la mosquée, et pillé des biens, dont des motos », souligne-t-on dans ce communiqué. Une victime et témoin dont l’identité a été vérifiée par Amnesty International, a déclaré : « Nous sortions de la mosquée après la prière, lorsque des séparatistes armés sont arrivés, circulant sur trois motos, et nous ont attaqués. Ils ont incendié nos maisons. 200 personnes ne savaient plus où dormir car leur habitation avait été réduite en cendres.» « Dans la nuit du 30 au 31 mai 2019, une centaine de membres de groupes séparatistes armés de fusils et de couteaux ont attaqué le camp de réinstallation d’Upkwa, près du lac Nyos, incendiant des dizaines d’habitations Mbororos et massacrant du bétail »,

poursuivent les auteurs de ce communiqué. En octobre 2019, les chercheurs d’Amnesty International ont rencontré deux personnes, dont une travaillait comme chauffeur de moto-taxi, qui a déclaré : «Les groupes armés me cherchaient parce que je suis chauffeur de moto-taxi et ils pensent que nous sommes des informateurs de l’armée. Ils nous ont dit de retourner d’où nous venions.»

La poursuite devant les juridictions compétentes Au niveau de la division de la communication au ministère de la défense, il est constamment soutenu que les forces armées camerounaises sont professionnelles et respectueuses des droits humains sur le terrain des opérations dans le Noso. Par exemple, dans un communiqué publié le 7 juillet 2021, le patron de ladite division, le capitaine de vaisseau Cyrille Serge Atonfack Guemo, porte à la connaissance de l’opinion publique que vers 14h 30 au poste de contrôle mixte de Below-Foncha à Bamenda, Ngoran Djibiring Dubila, « pris de panique, a engagé une brutale manœuvre automobile de dérobade, au moment précis où il lui était demandé d’immobiliser son véhicule. Dans sa fuite, il a été stoppé par des tirs de dissuasion qui l’ont malheureusement atteint mortellement…Les premières constatations d’usage, poursuit le communiqué, ont permis d’établir avec certitude que le défunt faisait l’objet d’un mandat d’arrêt délivré le 24 novembre 2020 par le président du tribunal militaire de Bamenda (…) à 3 ans d’emprisonnement ferme (…) pour des faits d’apologie de sécession et menaces sous condition. En outre, il est désormais clairement établi que le nommé Ngoran Ndjibiling Dubila(…) qui prétendait exercer comme homme d’affaires était en réalité le principal relai local et plaque tournante de certains leaders terroristes sécessionnistes de la diaspora dans le secteur de Nkwen. Il avait à son actif plusieurs enlèvements avec demande de rançon, ainsi que de nombreux cas de menaces sous condition». «Le ministère de la défense regrette cet incident malheureux et adresse ses condoléances les plus attristées à la famille durement éprouvée».

Ces excuses de circonstances inscrites à la fin du communiqué diffusé par le porte-parole du Mindef peuvent laisser penser que l’Etat du Cameroun semble ne pas reconnaître, résolument, que les autochtones sont admis à bénéficier sans aucune discrimination de tous les droits

de l’homme reconnus en droit international, et que les peuples autochtones ont des droits collectifs qui sont indispensables à leur existence, à leur bien-être et à leur développement intégral en tant que peuples.

Le Pacte international relatif aux droits civils et politiques conclu à New York le 16 décembre 1966 en son article 2 énonce : « Les Etats parties au présent Pacte s’engagent à respecter et à garantir à tous les individus se trouvant sur leur territoire et relevant de leur compétence les droits reconnus dans le présent Pacte, sans distinction aucune, notamment de race, de couleur, de sexe, de langue, de religion, d’opinion politique ou de toute autre opinion, d’origine nationale ou sociale, de fortune, de naissance ou de toute autre situation…. »Et de préciser en son article alinéa 1 :«Le droit à la vie est inhérent à la personne humaine. Ce droit doit être protégé par la loi. Nul ne peut être arbitrairement privé de la vie. » Ce qui impose, selon Me Serge Fohom, avocat au barreau du Cameroun, que les auteurs de diverses violations des droits humains soient poursuivis devant les juridictions nationales ou internationales compétentes. Il en va de la crédibilité et de la responsabilité de l’Etat du Cameroun signataire de diverses conventions internationales relatives à la protection des droits humains.

Guy Modeste DZUDIE (JADE)

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